Fin de l’année dernière, lors de la Conférence sur le climat qui s’est tenue à Paris, nos politiciens se sont engagés en grande pompe à limiter la hausse de la température à 1,5 °C. Après plusieurs et longs mois de calculs, la Commission européenne vient de présenter son rapport sur les efforts que devront fournir les états membres pour atteindre cet objectif d’ici 2030. Notre pays a pour mission de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 35 %. Joke Schauvliege et Marie-Christine Marghem s’inquiètent de cette « lourde tâche ».

 

Un objectif « très ambitieux », estime le cabinet de la ministre flamande Schauvliege, tandis que la ministre fédérale Marghem s’est plainte à la Chambre que « les objectifs imposés étaient beaucoup trop lourds pour la réalité belge ».

 

Ces chiffres s’appliquent aux émissions du secteur dit « non-ETS » - à savoir agriculture, bâtiments, transport, logement et déchets - responsable de 60 % du total des émissions au sein de l’UE. Le « secteur-ETS » au contraire réfère au secteur de la grande industrie, comme l’acier et la pétrochimie. Ils sont fixés au niveau européen via le commerce d’émissions. On vise pour l’Europe dans son ensemble une réduction de 43 % d’ici 2030. Si on cumule les deux secteurs, ETS et non-ETS, on arrive à une réduction de 40 % d’ici 2030 comparé à 1990.

 

Un objectif trop lourd ? On peut dire que la Belgique s’en sort encore bien avec 35 %, comparé à neuf autres états membres, dont tous ses voisins, qui doivent fournir un effort bien plus considérable.

 

Cela pourrait même être un peu plus ! En effet, il existe un gouffre béant entre les promesses qui ont été faites et les engagements qui ont été pris concrètement. La proposition européenne va dans le sens d’un réchauffement global de 2,4 °C. Et donc bien loin des 1,5 °C promis lors de la Conférence sur le Climat à Paris ! On fait en outre passer de vieilles idées pour des nouvelles. En 2014 déjà, l’UE prévoyait de réduire les émissions de 40 pour cent d’ici 2030. On peut donc dire que tout cela manque un peu d’ambition !

 

Et cerise sur le gâteau, nos ministres vont devoir s’atteler à cette lourde tâche avec un pesant cartable sur le dos puisqu’ils sont toujours occupés à se chamailler sur la répartition interne des objectifs climatiques de 2020. Cela fait à présent près de 6 ans que cela dure. Même si nos décideurs ont organisé en grande pompe un sommet sur le climat en Flandre et une session parlementaire supplémentaire en Wallonie (on attend toujours de savoir ce que va faire Bruxelles), aucune véritable action n’a été entreprise. Alors qu’une politique climatique ambitieuse permettrait d’améliorer non seulement la qualité de l’air, mais aussi la santé en général, et garantirait des villes plus viables, des emplois durables et une révolution énergétique démocratique.

 

Vision, action et ambition font donc cruellement défaut. Et plus nous attendrons, plus ce sera difficile. C’est pourquoi, chaque jour, des citoyens courageux assurent la transition dont nous avons besoin. Il est temps que nos ministres montrent l’exemple plutôt que de rester à la traîne. De notre côté, nous continuerons de mener des actions jusqu’à qu’ils s’attellent réellement à une politique climatique ambitieuse et solidaire en Belgique !

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